Parabrontopodus
Des pistes de sauropodes à voie étroite du Jurassique supérieur
Fais glisser pour tourner · utilise la molette ou pince l’écran avec deux doigts pour zoomer · utilise les outils du visualiseur pour observer et mesurer les empreintes.
Qu’est-ce que Parabrontopodus ?
Parabrontopodus est un ichnogenre : un nom scientifique donné à un type particulier d’empreinte fossile laissée par un dinosaure sauropode marchant sur quatre pattes. Il a été décrit pour la première fois dans la Formation de Morrison, au Colorado, aux États-Unis, dans des roches du Jurassique supérieur.
Ses pistes sont surtout connues pour leur voie étroite. Les empreintes gauches et droites se situent près de l’axe central de la piste. Le bord intérieur des empreintes postérieures peut s’approcher de cet axe ou le toucher.
Cependant, la largeur de voie ne suffit pas. Une identification fiable doit aussi tenir compte de la forme des empreintes, des proportions entre manus et pes, de leur orientation et de la conservation des doigts ou des griffes.
Comment le reconnaître ?
Observe bien : sur le spécimen présenté dans le visualiseur, cherche les petites empreintes de manus en croissant, placées devant les grandes empreintes ovales de pes qui leur sont associées. Leur position aide à retrouver le sens de déplacement. Un pes peut recouvrir partiellement un manus, rendant l’empreinte antérieure difficile à distinguer.
Un exemple possible dans le Jura
Le moulage illustré ci-dessus montre l’alternance des empreintes des pieds antérieurs et postérieurs d’un sauropode en marche. Le manus est plus large que long et présente une forme générale de croissant. Le pes est plus grand, ovale à presque circulaire. Ensemble, les empreintes forment une piste relativement étroite.
Ces caractères invitent à une comparaison avec Parabrontopodus. Toutefois, la conservation imparfaite et l’absence de marques nettes des doigts et des griffes du pes imposent de conserver une attribution provisoire. Une voie étroite ne suffit pas, à elle seule, à identifier un ichnogenre.
Pourquoi cette prudence ? La consistance du sédiment, les mouvements du pied et l’érosion peuvent modifier le contour des empreintes. L’identification ichnotaxonomique est plus solide lorsque la disposition de la piste et les détails anatomiques bien conservés conduisent à la même conclusion.
Qui a laissé ces traces ?
L’animal était bien un sauropode, mais les empreintes permettent rarement d’identifier un genre précis de dinosaure. Les pistes à voie étroite présentant une forte hétéropodie et des griffes du pes dirigées vers l’extérieur ont souvent été comparées à celles de sauropodes diplodocoïdes, notamment les diplodocidés.
Cette interprétation est plausible, mais elle ne prouve pas que les traces ont été laissées par Diplodocus. Sans squelette associé ni autre indice indépendant, l’identification de l’animal doit rester à un niveau plus général.
Du Colorado au Jura
Parabrontopodus a été défini à partir d’une piste du site à empreintes de dinosaures de la vallée du Purgatoire, au Colorado. Le matériel type constitue la référence à laquelle doivent être comparés les exemples possibles découverts ailleurs.
Confirmer le numéro du spécimen et son lieu de conservation avant publication.
Pourquoi ces pistes sont-elles importantes ?
- Elles montrent comment les sauropodes posaient leurs pieds en marchant.
- Leur largeur de voie et la disposition des empreintes renseignent sur la posture et la locomotion.
- Les comparaisons entre le Colorado et le Jura permettent de rechercher des dispositions de pistes semblables dans différents milieux du Jurassique supérieur.
- Elles montrent aussi pourquoi il faut distinguer la conservation de l’anatomie : une différence entre deux empreintes ne signifie pas forcément que les pieds étaient différents.
Le savais-tu ?
Les empreintes antérieures et postérieures d’un sauropode peuvent être si différentes qu’on pourrait les croire laissées par deux animaux. Pourtant, le petit manus en croissant et le grand pes ovale appartenaient au même dinosaure à quatre pattes.
Pour en savoir plus
Lockley, M. G., Farlow, J. O. & Meyer, C. A. (1994). Brontopodus and Parabrontopodus ichnogen. nov. and the significance of wide- and narrow-gauge sauropod trackways. Gaia 10, 135–146. Article en anglais.
Marty, D. et al. (2010). Analyse comparative des pistes de sauropodes du Jurassique supérieur des montagnes du Jura et du Haut Atlas central — article en anglais.