cf. Kalohipus isp.
Petites empreintes de dinosaures à trois orteils du Jura suisse
Fais glisser pour tourner · utilise la molette ou pince l’écran avec deux doigts pour zoomer · utilise les outils du visualiseur pour observer et mesurer l’empreinte.
Qu’est-ce que cf. Kalohipus ?
Ces petites empreintes à trois orteils ont été laissées par des dinosaures bipèdes dans le Jura suisse au Jurassique supérieur. Leurs orteils fins et leur forme générale ressemblent à ceux des traces attribuées à l’ichnogenre Kalohipus.
Les scientifiques désignent donc les traces suisses sous le nom de cf. Kalohipus isp. L’abréviation cf. signifie « à comparer avec » : la ressemblance est forte, mais l’identification reste provisoire.
Ces traces ont probablement été laissées par des dinosaures théropodes de petite à moyenne taille : des dinosaures marchant sur deux pattes, dont la plupart étaient carnivores.
À quoi ressemblent ces empreintes ?
- Trois orteils fins, souvent terminés par des marques de griffes pointues.
- Des empreintes plus longues que larges.
- Un orteil central, le doigt III, plus long et généralement un peu plus large que les doigts II et IV.
- Des orteils latéraux peu écartés. L’angle moyen est d’environ 25° entre les doigts II et III, et de 22° entre les doigts III et IV.
- Dans les exemples les mieux conservés, les marques des coussinets suggèrent une formule de coussinets phalangiens de 2–3–4 pour les doigts II, III et IV.
- Certaines traces présentent une petite encoche derrière le doigt II et une zone arrondie à l’arrière, ce qui donne à l’empreinte un aspect légèrement asymétrique.
Deux exemples du Jura suisse
BSY1020-E2
Une empreinte de 22 cm de long provenant du Bois de Sylleux. Elle est particulièrement étroite, avec un rapport longueur/largeur de 1,88. Elle appartient au morphotype gracile, provisoirement classé comme cf. Kalohipus isp.
CRO500-T10-L10
Une empreinte de 11 cm de long provenant de Combe Ronde. Malgré sa petite taille, ses proportions et sa forme ressemblent à celles des grandes empreintes graciles. Elle avait auparavant été comparée à Carmelopodus.
Comment ces traces ont-elles été identifiées ?
Castanera et ses collègues ont comparé les proportions des empreintes, la longueur des orteils, leurs angles d’écartement et la mésaxonie : une mesure de la projection de l’orteil central au-delà des deux orteils latéraux. Ils ont aussi utilisé des modèles 3D et des cartes de profondeur en fausses couleurs pour distinguer les véritables caractères anatomiques des variations dues au sédiment et à la conservation.
Certaines petites empreintes ont-elles été laissées par des bébés théropodes ?
Une petite empreinte n’indique pas forcément un jeune animal. Elle peut aussi avoir été laissée par un adulte d’une espèce de petite taille. L’empreinte de 11 cm de Combe Ronde ressemble assez aux grands exemplaires pour que la croissance puisse expliquer cette différence de taille. Cependant, les petites empreintes bien conservées sont trop peu nombreuses pour tester cette hypothèse.
La conclusion prudente : ces traces appartiennent à des théropodes de petite à moyenne taille, mais l’âge précis des animaux et leur espèce restent inconnus.
Pourquoi ces traces sont-elles importantes ?
Le savais-tu ?
L’ichnogenre Kalohipus a été créé en 1998 pour Kalohipus bretunensis, un type de petite empreinte de théropode du Crétacé inférieur d’Espagne. Les traces suisses sont plus anciennes et sont seulement comparées à cet ichnogenre. C’est pourquoi les scientifiques conservent la désignation prudente cf. Kalohipus isp.